Employabilité, facteur de performance

Que gagne t-on à apprendre tout au long de sa vie ?

Employabilité ? La Team Des Miss aborde régulièrement le sujet. Sujet au coeur de la problématique de l’emploi dans la profonde transformation que nous vivons à l’heure du digital et sur lequel j’ai eu envie de revenir plus en détail aujourd’hui.

D’abord, l’employabilité, qu’est-ce que c’est ?Le ministère français du travail la définit comme la « capacité d’évoluer de façon autonome à l’intérieur du marché du travail, de façon à réaliser, de manière durable, par l’emploi, le potentiel qu’on a en soi qui dépend « des connaissances, des qualifications et des comportements qu’on a, de la façon dont on s’en sert et dont on les présente à l’employeur».

Ce que j’en retiens c’est la capacité à s’adapter à un environnement professionnel mouvant de manière à répondre à la demande. Le diplôme ne garantit plus un emploi tout au long de sa vie et il s’agit de régulièrement mettre à jour ses connaissances.

S’adapter à un monde en mouvement perpétuel

Le monde dans lequel nous vivons connaît un bouleversement important avec la transformation digitale qui permet et implique de collaborer, d’apprendre et de travailler autrement.

Nous vivons un bouleversement de la structure du travail et de l’emploi provoqué par la mondialisation, les innovations technologiques et les transformations organisationnelles. Des transformations qui, à l’ère du numérique accélèrent les processus de production, augmentent la qualification des métiers et qui ne laissent qu’une option aux salariés : cultiver l’employabilité.

Le maintien de l’employabilité est un défi pour tous, entreprises comme salariés.

S’adapter à un monde en mouvement perpétuel demande de porter un regard nouveau sur son parcours professionnel

Selon les sources, les chiffres varient mais il est une certitude, les métiers seront profondément transformés d’ici 5 ans, d’autres vont disparaître et d’autre encore vont apparaître. Nous sommes dans un profond remaniement pour lequel nous n’avons pas encore toutes les données.

La question qui se pose alors est comment conserver son employabilité dans un environnement que l’on devine mais ne connaît pas encore ?

Chacun est responsable de son employabilité

Selon le baromètre de l’employabilité de BPI Groupe,

“Les salariés ont tout à fait conscience des changements qui s’opèrent peu à peu et qu’il leur faudra évoluer en termes de compétences. Pourtant, seulement 1 sur 2 se dit bien préparé à cette évolution et 1 sur 3 se sent carrément « exposé » à un risque de perte d’emploi.”

De fortes inégalités entre salariés, un manque d’informations, mais aussi de formation, dans les entreprises…

Toutefois tous les travailleurs n’ont pas cette volonté d’évoluer en compétences, qu’elles soit techniques ou humaines (softskills). Devenir acteur de son parcours professionnel n’est pas simple : cela implique de sortir de sa zone de confort, de se confronter à des nouveaux savoirs et ce en dehors du contexte de l’entreprise et du plan de formation qu’elle pourrait proposer.

Aujourd’hui c’est aux travailleurs de se prendre en main, d’apprendre à se réapprendre pour ne pas risquer l’obsolescence et la sortie prématurée du système.

L’employabilité doit se cultiver tout au long de sa vie et la question de l’employabilité dépasse largement la question de la formation professionnelle. Au-delà des connaissances à acquérir et des compétences à mettre à jour, l’employabilité est aussi une question d’attitude puisqu’elle dépend de la façon dont on se sert de ces acquis.

L’employabilité passe par le développement de ses soft skills en multipliant les expériences, même quand on est en poste. La disposition à se prendre en charge est également culturelle, selon les catégories socio-professionnelles et l’éducation, elle est plus ou moins encouragée. L’employabilité est un parcours d’agilité non exempt de risques pour l’individu.

Si l’employabilité passe, entre autres, par de la formation tout au long de la vie, tout le monde n’a pas la motivation pour aller s’inscrire à un Mooc ou à activer son CPA (compte personnel d’activité compte utilisable tout au long de sa vie pour suivre une formation certifiante). Pourtant dans un environnement où il est certain que nous ne travaillerons pas toute notre vie avec le même employeur, où nous n’aurons pas forcément toujours le statut de salarié, il est essentiel que chacun soit autonome dans la prise en charge de son adaptation à l’environnement professionnel. Il s’agit bien d’apprendre et de s’adapter tout au long de sa vie.

Il s’agit de pouvoir faire l’auto-évaluation de ses compétences et pas seulement via un bilan de compétences. Aujourd’hui des solutions en ligne commencent à se mettre en place, amusez-vous à saisir « évaluation employabilité » dans votre moteur de recherche.

En entreprise c’est l’un des rôles de l’entretien professionnel : permettre de faire un point sur son employabilité.

Quel rôle pour l’entreprise dans le développement de l’employabilité ?

Si chaque individu est responsable de son employabilité, les entreprises doivent accompagner et motiver leurs collaborateurs pour apprendre. Il s’agit là de leur capital humain et de leur capacité à bénéficier des compétences qui leur permettront d’assurer leur performance.

Aujourd’hui on ne demande plus à l’entreprise d’assurer un emploi à vie mais d’assurer l’employabilité de ses travailleurs et maintenir la capacité de ses salariés à occuper un emploi, notamment dans un environnement qui évolue en permanence et rapidement.

Il s’agit aussi de miser sur les compétences plutôt que les diplômes en valorisant les «compétences transférables » ce qui implique un changement profond de vision notamment du recrutement dans un pays très centré sur le diplôme. Il reste fréquent de voir des annonces d’emploi indiquant “+ de 8 ans d’expérience, bac +5”. Il me semble qu’avec l’expérience celle-ci prime sur le diplôme et que tout le savoir faire et le savoir être acquis par ce biais feront la différence, les softskill prennent ainsi toutes leurs valeurs. Un changement à adopter même s’il se met déjà en place dans la manière de travailler autrement.

Le développement de l’employabilité permet sur le court terme la création d’un avantage concurrentiel, l’amélioration de la productivité et contribue à un meilleur climat social. A long terme, le développement de l’employabilité des salariés, permet à l’entreprise de préparer les compétences dont elle aura besoin dans l’avenir. Pour conserver un avantage compétitif permanent, l’entreprise doit investir en permanence en innovation, favoriser une organisation fluide et agile qui s’adapte en permanence et de plus en plus vite.

Dans cet environnement exigeant et concurrentiel c’est le capital humain qui fait la différence avec la mise en place de l’intelligence collective de l’entreprise. Et par conséquent de chaque individu et de leur capacité à s’enrichir, se former, s’adapter pour que le collectif s’enrichisse à son tour.

Au regard de l’entreprise, l’on dispose de trois leviers :

  • le levier RH et ses pratiques
  • le levier organisationnel comme le fait de passer à une organisation par projets
  • et enfin le levier managérial. Le management par les compétences, le management des situations complexes en sont par exemple une illustration.

Dans ce monde de l’ultra connaissance et de l’ultra connexion, le rôle du manager ne cesse d’évoluer. Son devoir est d’aider son équipe à s’adapter, d’identifier les besoins futurs et d’accompagner le changement par de la formation.

L’organisation se doit d’être apprenante et favoriser l’employabilité de chacun pour à son tour bénéficier de cette richesse humaine. Ce n’est pas tant seulement par de la formation que par de la mise en situation qu’elle va favoriser l’employabilité.

L’employabilité, pas si facile

L’employabilité relève ainsi à la fois du rôle de chacun que s’adapter en permanence à son environnement que ce soit par la formation, par des situations, par de l’échange d’information, ou encore en assurant sa propre veille et en développant son réseau. Mais c’est aussi le rôle de l’entreprise de favoriser le développement de l’employabilité pour assurer sa propre survie.

Toutefois l’employabilité reste facteur d’exclusion avec des personnes qui n’ont pas eu l’opportunité d’évoluer au sein de leur métier et se retrouve sur le marché de l’emploi avec des compétences obsolètes et une grande difficultés à se remettre en mouvement.Parce que l’employabilité exhorte à changer, à bouger, etc., alors que beaucoup de gens ne le souhaitent pas, sans qu’on puisse dire pour autant qu’ils sont inemployables.

Miss RH Dvt

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