Dossier Travailler Autrement #1

Comment la transformation digitale permet de travailler autrement

Les modes de travail sont fondamentalement en train d’évoluer et la conception qui existe depuis plus d’un siècle touche ses limites. Les articles sur le bonheur au travail sont publiés à foison et révèlent un certain mal-être et un besoin de renouveau.

Notre monde a profondément évolué : accélération de la diffusion de la connaissance, accès à l’information pour tous, bouleversement des méthodes de travail. Et surtout, le digital permet d’être acteur.

C’est sans doute la première fois que l’entreprise doit s’adapter à la société et non l’inverse”, observe le psychiatre Éric Albert.

Il s’agit bien d’une évolution sociétale forte qui influe sur l’entreprise. Une modification de la relation au travail. Le digital affranchit le temps et l’espace. Le modèle économique a évolué, passant d’une économie de production avec une organisation très pyramidale et descendante à une économie d’abondance. Chacun cherche maintenant un produit personnalisé, où l’individu a besoin d’être reconnu en tant que tel. De plus en plus acteur dans son univers personnel, il a besoin de l’être également dans son univers professionnel.

Il s’agit d’inventer de nouvelles voies dans la relation au travail.

Réinventer le lien à l’entreprise

Réinventer le lien à l’entreprise est au coeur des préoccupations.

Ce qu’il faut développer et entretenir pour créer du lien entre l’entreprise et ses collaborateurs, c’est la fierté d’appartenance et l’aspect humain. Autonomie, confiance et bienveillance sont les nouveaux enjeux.

Ce besoin de travailler autrement se traduit par une évolution du mode de management. Le mode directif a fait son temps, il s’agit maintenant de piloter plutôt que diriger. De coacher et de faire grandir ses équipes. Au manager de faciliter le lien et la communication et de faire travailler en groupe. La difficulté pour l’entreprise est d’accepter une indépendance plus forte des équipes et de redistribuer l’autonomie et la confiance.

Travailler autrement s’avère un enjeu central pour les années qui viennent. Le manque d’autonomie est de moins en moins supporté dans un monde où chacun peut s’exprimer sur le web, être sollicité pour donner son avis et contribuer à faire évoluer les produits et services des entreprises. Gratuitement.

La transformation digitale est plus organisationnelle que technologique.

Il s’agit de remettre la coopération au centre de l’organisation du travail. Casser ces silos que l’on retrouve fréquemment dans l’entreprise et qui sont si destructeurs de valeurs.

Recréer du lien entre les différents services, les différents métiers, et donc donner plus de sens au travail de chacun. C’est une opportunité de créer plus d’engagement.

avatar-3127928_1280.jpgLe collaboratif est de plus en plus présent, il permet d’optimiser le temps, de mieux partager les infos et de redonner du sens. Les nouveaux outils du numérique qui accentuent le partage d’information le favorisent.

Selon l’Etude signée Ipsos et OpenMind Kfé (1) ”Le collaboratif aurait même un impact positif sur le partage des connaissances (69%), la productivité des équipes (65%), la résolution des problèmes (62%), la motivation des salariés (60%) et la créativité (59%). La preuve : 28% des salariés interrogés déclarent travailler en mode collaboratif au quotidien et 47% « de temps en temps».

L’entreprise doit rattraper son retard sur ce collaboratif quand “49 % des collaborateurs utilisent leur propre équipement pour échanger avec leurs collègues et 67 % utilisent occasionnellement ou régulièrement une solution non proposée par l’entreprise.”

Il s’agit d’être ouvert à son environnement et conscient que l’apprentissage est permanent afin de s’adapter à un monde qui bouge en permanence. Apprendre à apprendre est essentiel et le temps consacré à la formation est en train de croître. Les Mooc reflètent cette prise d’autonomie dans l’apprentissage. Permettre à chacun de se former sans attendre la proposition de l’entreprise. Les pédagogies se doivent d’être actives et favorisent la mise en place de compétences transverses.

L’intrapreneuriat est encouragé. Créativité, innovation, force de proposition : les soft skills, ces fameuses compétences relationnelles, sont de plus en plus souvent mises à l’honneur. Elles sont le propre de l’hommes face à la montée de l’intelligence artificielle. L’intrapreneuriat se révèle une double opportunité. A la fois pour les salariés qui ont envie de donner du sens et d’être acteur.Et pour l’entreprise de valoriser ses collaborateurs et de voir naître des projets favorisant son agilité et son adaptation à son environnement.

Mobiquité : espace et temps de travail évoluent

Travailler aujourd’hui ce n’est plus forcément être attaché à un lieu. Un terme est même apparu : mobiquité. C’est la mobilité en gardant les avantages de la sédentarité. Pour un certain nombre de salariés, un ordinateur et un téléphone suffisent pour travailler à distance, avec une porosité de plus en plus grande entre vie privée et vie professionnelle.

Les entreprises sont en quête de flexibilité grâce aux espaces modulables. Travailler en mode Flexidesk c’est bénéficier d’espaces dédiés en fonction de ce que l’on va faire dans la journée : salles closes pour la concentration, espaces ouverts pour la discussion, fauteuil cocon qui permet une isolation phonique pour téléphoner. Et opter pour le télétravail pour travailler un dossier de fond au calme. Le lieu de travail se doit d’être chaleureux, agréable et source de bien-être

Le télétravail est bien perçu même s’il ne concerne pas toutes les populations : gain de temps de trajet, confort du chez soi, amélioration de l’équilibre vie perso / vie pro, autonomie. L’envers du décor étant de savoir travailler seul

Montée en puissance des “Tiers lieu”, ces espaces de travail qui ne sont ni dans l’entreprise ni au domicile du salarié.

D’abord avec les espaces de coworking, l’opportunité de garder un lien social en limitant les déplacements professionnels et en travaillant en collectivité à proximité de chez soi. Ils favorisent les rencontres et l’ouverture à d’autres pratiques, permettant de rapporter les bonnes idées à l’entreprise. Les co-workers sont souvent des freelances, salariés de start-up et autres TPE et la dimension communautaire est forte.

 

Ensuite des télé-centres, autre facette du co-working à mi-chemin du domicile et du lieu de travail. Lieux plutôt réservés aux salariés de grandes entreprises avec des surfaces plus grandes que les co-working.

Enfin, les fab lab, ces tiers-lieu qui permettent un partage libre d’espaces, de machines, de compétences et de savoirs. Ils favorisent l’émergence de nouveaux métiers : Fablab manager, forgeur numérique ou prototypiste … . Et remettent en avant la production,  dans un pays où il y a de moins en moins d’usines et en parallèle de plus en plus de Fab lab. Un certain retour de l’artisanat avec des petits producteurs et des créateurs indépendants.

Les modes contractuels évoluent

Aujourd’hui notre société est conçue autour du traditionnel CDI : prêt bancaire, logement, mutuelle, … qui favorise son attrait. Quid si demain en tant que freelance ou indépendant ces freins étaient levés ? Que l’on pouvait accéder de la même façon à un prêt bancaire pour un logement ? Le CDI ne perdrait-il pas de son attrait ?

Depuis quelques années, une croissance de l’emploi non salarié est constaté avec une évolution croissante du nombre de free-lance en France.

« La main-d’œuvre du passé a été organisée autour de l’entreprise. La main-d’œuvre du futur sera organisée autour du travailleur. » Chauncy Lennon de JPMorgan.

40 % des forces de travail outre atlantique, 25 % des actifs en France (1) où les espaces de co-working poussent comme des champignons. Le Freelance, même s’il n’est pas rose tous les jours est un statut qui se fait majoritairement par choix. Volonté d’autonomie, d’acquérir de nouvelles compétences et de piloter sa vie professionnelle. Si le CDI assure une certaine sécurité en terme de protection sociale, il peut s’avérer plus facile de trouver un client pour compléter une offre que de chercher un nouvel employeur.

Job sharing encore appelé Top Sharing, pratique peu connue en France qui se développe au Royaume Unis, en Allemagne, aux Etats-Unis et en Suisse. Ce sont deux personnes qui se partagent un même poste. Ce qui implique de travailler de la même façon et de s’harmoniser. De réellement travailler en binôme en se croisant peu.

Prêt de main d’oeuvre pratique par laquelle une société met temporairement ses salariés à disposition d’une autre société. La société prêteuse facturant à la société hôte.

“Pour l’entreprise prêteuse, ce prêt engendre des retours positifs des salariés concernés. Ils peuvent jouir d’une certaine mobilité leur permettant de connaître d’autres horizons et processus sans pour autant changer d’entreprise.”

Pour l’entreprise prêteuse ce peut être une mise en relation avec des start-up, favorisant de l’échange de compétences.

Travailler autrement

C’est une évolution de la relation spatio-temporel du travail avec un nomadisme qui s’intensifie.

C’est un changement profond du lien qui unit l’individu à l’entreprise. C’est bien le travailleur qui se place au centre. Qualité de vie au travail, équilibre vie privée / vie professionnelle, évolution des modes contractuels favorisant l’autonomie autant d’éléments qui reflète cette évolution.

Miss RH Dvt

Sources :

  • Ipsos et OpenMind Kfé (1)
  • rapport EPIP european forum of independent professionals (2)

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