Dossier MOOC #9 : Les Mooc et les RH

Le Mooc, c’est de l’humain

La seconde édition de “Mooc of the year”, l’événement qui récompense les meilleurs MOOC de l’année vient d’avoir lieu. L’occasion pour la Team de vous parler de son histoire avec les Mooc.

Mooc, c’est aussi “Miss Mooc”, la Miss qui a mis en place cette équipe à laquelle j’appartiens et que j’ai rencontré grâce… à un Mooc ! Et oui, un Mooc c’est aussi de l’humain, derrière les écrans, des personnes.

Le MOOC, c’est une formation en ligne avec un ingrédient essentiel : le “social learning”. Du lien social….

Avec sa plateforme d’échange qui favorise les interactions, le Mooc au-delà de l’apprentissage permet de vivre une expérience. Qui dit expérience, dit aussi émotions, plaisir, tension du challenge, amusement. C’est toute cette gamification qui renforce l’apprentissage.

C’est donc sous l’angle humain et plus particulièrement RH que j’ai eu envie de vous parler des Mooc. Le Mooc favorise l’autonomie dans la formation, l’évolution de la relation à l’apprentissage et le développement de son employabilité.

Le Mooc et moi : double regard, participante et RH

Tout a commencé en 2015, sur les réseaux sociaux, un teasing fait le buzz celui du Mooc Digital RH de Unow. Le sujet du Mooc m’interpelle : RH et digital, deux sujets au coeur de mon activité. Je m’inscris et je tweete, @Miss Mooc me répond. Nos premiers échanges … merci Twitter 😉.

Si le contenu me conforte dans ce que je sais déjà, il me permet d’approfondir mes connaissances et de découvrir ce qui se joue en terme de transformation digitale. Les nombreux échanges sur le forum de discussion, sur twitter et sur LinkedIn sont une mine d’or d’informations et une profonde source de motivation. L’opportunité également de développer ma pratique des réseaux sociaux professionnels.

C’est le second Mooc que je suis, toutefois celui-ci dispose d’une dimension communautaire que n’avait pas le précédent et avec laquelle je prends plaisir à interagir. J’appartiens à une communauté de pairs qui rencontre des problématiques communes, sur lesquelles nous sommes à des degrés différents de maturité et pouvons partager nos expériences.

Avec ce Mooc, je me forme à une pratique de digital learning nouvelle, encore peu présente en entreprise. Le vivre est l’occasion pour moi d’apprendre, comprendre avant de partager et de pousser cette modalité auprès des managers et des équipes. Vivre notamment le cas fil rouge me permet de découvrir toute la force de l’évaluation collaborative.

Au fil du temps, je vais également avoir l’occasion d’explorer les coulisses du Mooc, que ce soit en participant ou co-animant des “live” ou bien encore en co-animant un forum. L’opportunité de bien comprendre le mode de fonctionnement et l’envers du décor.

La force du MOOC : le social learning

Le “social learning”, vous connaissez ? L’apprentissage social, théorie qu’a développé Albert Bandura.

Dans le cadre du Mooc, c’est un mode d’apprentissage qui permet de partager, de construire, de collaborer avec d’autres à distance via des outils collaboratifs ( chat, forum,…) ou des réseaux sociaux (groupe Facebook, Twitter, groupe LinkedIn, ….) L’apprenant est acteur du dispositif de formation. Il participe à son propre apprentissage et collabore avec le formateur et les autres apprenants. Enfin, il partage son savoir et ses connaissances.

C’est ce que permettent les Mooc. Un bon Mooc dispose d’un forum (et parfois même un groupe Facebook privé en plus). Un forum vivant, riche en échange, de partage d’expériences, de bonnes pratiques, de questionnements et d’encouragement. C’est une source supplémentaire d’apprentissage. Cette interaction encourage à poursuivre la formation et permet un apprentissage via les échanges avec les autres apprenants.

La force d’un Mooc c’est cette communauté qui se crée. L’énergie du groupe est là. Je suis derrière mon écran et je sais que je ne suis pas la seule. A travers une formation qui utilise une technologie digitale, c’est l’humain qui, même derrière un écran, est moteur.

Je trouve que la correction par les pairs favorise ce social learning et j’ai un coup de coeur pour cette approche engageante.

La correction collaborative en quelques mots : selon une grille pré-établie, je corrige d’autres participants et serais à mon tour corrigée par encore d’autres participants. Cette méthodologie induit une certaine pression et m’incite à bien peser mes réponses. J’ai envie d’être à la hauteur. Corriger d’autres participants contribue à mon apprentissage en découvrant d’autres approches, d’autres solutions imaginées en réponse à la problématique posée.

Dans la dizaine de Mooc que j’ai suivi, c’est la force de ces interactions qui m’a le plus marquée et engagée à aller jusqu’au bout. Le forum favorise la capitalisation de l’expérience. Le Mooc c’est une pratique collaborative.

Le Mooc pour aller vers une entreprise apprenante ?

D’un point de vue RH, les Mooc m’apparaissent comme un véritable outil. D’une part en formation, d’autre part en contribution à l’évolution de la culture d’entreprise vers une culture collaborative, plus en adéquation avec les changements qu’implique la transformation digitale.

Côté formation, les Mooc, s’ils encouragent la culture de l’auto-formation de par leur flexibilité temps et lieux, favorisent l’élargissement du catalogue de formation. Ils permettent de bénéficier de ressources supplémentaires. Ce qui est intéressant, notamment pour les PME et les TPE souvent moins outillées. L’entreprise pourra en outre développer ses propres ressources avec des SPOC ou des COOC.

Pour l’avoir vécu et pour le redire, la force d’un Mooc, ce sont les échanges entre participants, ce qui implique lors de la mise en place en interne d’être particulièrement vigilant dans le choix de la plateforme et de s’assurer que le dispositif va favoriser ces interactions.

L’entreprise, en permettant à ses salariés de progresser personnellement et professionnellement les aide à “apprendre à apprendre”. En cherchant en permanence à évoluer, elle tend vers ce point tant recherché : celui d’entreprise apprenante.

Un Mooc pour faire évoluer la culture d’entreprise

Une difficulté récurrente des entreprises aujourd’hui est le cloisonnement et le manque de communication des collaborateurs.

Le Mooc, de par sa gamification, de par le social learning qui peut se mettre en place au sein de la communauté, de par la correction collaborative, favorise le décloisonnement et la collaboration.

Interroger les salariés sur leur suivi de Mooc est une bonne question que peut poser un RH. D’une part pour identifier les centres d’intérêts et les compétences, d’autre part pour identifier des relais dans la transformation digitale. Un salarié qui suit un Mooc a déjà un pas d’avance et on peut le considéré comme “acculturé” au digital. Un Mooc ce n’est plus parler de transformation digitale, c’est la vivre.

Sans compter la dimension créatrice d’un MOOC. Une problématique soumise en cas fil rouge à la communauté, c’est potentiellement des ressources insoupçonnées contribuant à la résolution de problèmes. Le Mooc favorise la mise en oeuvre de l’intelligence collective en agrégeant les contributions de chacun. Il permet l’expression d’un savoir faire et la mise en oeuvre de compétences dont les RH n’ont pas forcément connaissance et contribuent à la détection de potentiels. Les échanges sur les forums sont une source d’apprentissage à tout niveau, pas seulement pour les participants mais aussi pour les RH afin d’identifier les personnes actives. Enfin, un Mooc, de par les mises en situation, peut permettre de recruter, ce qu’a pu faire par exemple Eurotunnel (mettre le lien).

Des freins pour suivre un Mooc en entreprise ?

Aujourd’hui les freins technologiques sont de moins en moins présents de par la transformation numérique des entreprises. Les accès à l’informatique se sont fortement développés ces dernières années. De la même façon les instances sociales s’ouvrent à ces pratiques et une charte éthique des données personnelles dans les RH vient d’être présentée avec un partenaire social afin justement d’être cohérent avec l’usage des outils du numérique.

A l’heure où les entreprises se veulent apprenantes, où l’autonomie du salarié dans le développement de son employabilité est encouragée, il appartient à l’entreprise de développer une communication et de s’appuyer sur des collaborateurs qui auront déjà suivi un Mooc comme ambassadeurs. Les OPCA eux-même évoluent sur la prise en charge des formations en ligne, sous réserve qu’elles respectent le cahier des charges de contenu pédagogique, de suivi, … A noter que 5 d’entre eux lancent un “SPOC” pour les PME-TPE afin de les accompagner dans la transformation numérique.

Un travail de sensibilisation est à faire auprès des managers avant de proposer des Mooc sur les lieux de travail. L’avantage est que les interactions sur les forums pourront se poursuivre au sein de l’entreprise, favorisant la mise en place de pratiques collaboratives.

L’atout du Mooc

A titre personnel : apprendre, découvrir, s’enrichir. Se faire plaisir aussi.

A titre professionnel RH : contribuer à la transformation digitale, apprendre, collaborer et travailler en mode collaboratif, ce n’est pas la Team Des Miss qui dira le contraire.

Un Mooc c’est vivre une expérience d’apprentissage à travers la force d’une communauté et la qualité des supports.

Miss RH Dvt

 

 

2 réflexions sur “Dossier MOOC #9 : Les Mooc et les RH

  1. Merci Miss Mooc pour cette réflexion très intéressante. Je partage avec vous complètement votre vision de l’humain dans le mooc. Je poursuivrai sur la question en prenant la métaphore du feu : la flamme de la motivation à apprendre est fragile dans le contexte des vents forts de la très grande autonomie des apprenants dans un mooc. Il est donc capital de chercher par tous les moyens (intervenants attachants et vraiment experts, équipe pédagogique très présente et réactive sur les forums, bienveillance dans les échanges numériques, grille d’évaluation par les pairs indiscutable…) à protéger ou nourrir cette flamme. Or, on sait aujourd’hui grâce à la recherche quelles sont les motivations à apprendre pour un apprenant sur un mooc. Et la dimension sociale occupe l’une des premières places. Et l’équipe pédagogique peut agir (sans forcément de garantie de résultat) sur cette variable pour que la perception d’un environnement encourageant pour l’apprenant puisse l’aider à surmonter ce risque de décrochage.

    • Merci à vous pour cette belle métaphore du feu.Vous le soulignez justement, l’équipe pédagogique est déterminante dans la mise en place de cette dimension sociale.

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